Auteur/autrice : Antoine de Sealand

  • Yggdrasil – un récit initiatique ?

    Yggdrasil – un récit initiatique ?

    Salutations !

    Vous apprendrez qu’à part en ma propre plume, je ne crois en rien – ni religion passée ou présente, ni gnose ou théisme, ni alchimie, astrologie, divination, pas plus qu’aux pouvoirs des ch’tits cailloux qui brillent, aux fantômes, ou aux rêves prémonitoires ; j’ai, en certaines occasions, été tenté de croire en la gravité (pas la pesanteur, mais celle dont parlait Dio Brando à Enrico Pucci dans la meilleure partie de JJBA), mais ce n’est pas le sujet ! Ce que je voulais dire, c’est que même si je ne crois en rien, toutes ces choses me fascinent, car elles touchent aux histoires, à l’imaginaire, au langage des symboles ! Et ceux qui ont lu mes récits connaissent mon affection pour ces thématiques. Adonc, j’ai souhaité consacrer un article sur la façon dont j’ai émaillé ma nouvelle Yggdrasil (issue de mon recueil Les Mets Immortels) de références aux arcanes du tarot – accentuant, je l’espère, son parfum de fable initiatique.

    Je précise que ce que je sais du tarot se limite à quelques recherches sur Wikipédia ou sur Google, ainsi qu’aux jeux Shin Megami Tensei et Persona. Je ne me pose pas en expert, et ma messagerie est ouverte aux réponses incendiaires. Sur ce, commençons sans tarder !

    Oh, bien sûr, si vous n’avez pas encore lu Yggdrasil, mieux vaut attendre de l’avoir fait avant de parcourir ce billet.

    Mâche-laurier, avant tout ; dans sa tunique rouge recouverte d’un manteau bleu, il arbore les attributs de la Papesse – celle qui, introspective, apprend et médite à ses enseignements. Dans une scène de la nouvelle, on le retrouve en serrant dans ses bras sa cithare, tout en tournant la tête en direction de sa lyre, singeant par-là la posture de l’Amoureux, dont le cœur et le regard sont orientés vers des femmes différentes. Il est bon de se souvenir que Mâche-laurier a donné des prénoms à ses précieux instruments : Eurydice pour la lyre, Aglaonice pour la cithare.

    Maître Loge, dont les habits évoquent à la fois ceux d’un jongleur et ceux d’un prince, personnifie le Mat. Il semble évanescent, hors d’atteinte ; sa vraie nature est impossible à déterminer, et il est constamment en voyage. Maintenant que je l’écris, j’ai l’impression de parler de Maetel au masculin – alors que la Dame Aglaonice est beaucoup plus Leijiesque que lui ; enfin, il faut en déduire que Leiji Matsumoto m’inspire en profondeur.

    Aglaonice, dans ses bijoux, ses vêtements, ou sa manière de consulter le ciel, correspond quant à elle la Lune ou l’Étoile ; introspection et sagesse secrète pour l’une, illusion autant qu’espoir pour l’autre. Lors d’un moment de répit, la dryade maintient la bouche du chat Moon ouverte avec deux doigts – ainsi que la Force le fait avec un lion. Puis, à la façon de la Tempérance, elle coupe l’eau avec du vin. Voyez ; ses us abscons n’étaient pas tout à fait gratuits, et j’ai voulu laisser transparaitre de la sorte les vertus qui animent notre Dame. Sous la tempête, alors qu’Aglaonice est en proie à ses affres, Desmon lui confiera son manteau, et Numë son chapeau ; ainsi habillée, la dryade portera d’autres attributs de la Force. Dans l’épilogue, Aglaonice revêt les ornements de l’Impératrice – je l’ai désiré ainsi comme un témoignage de son accomplissement.

    Numë, avec son tablard bariolé en damier et son large feutre, pastiche le Bateleur – tel un novice, au début de son voyage, qui aurait encore devant lui mille chemins possibles. Il possède néanmoins un bouclier armorié d’un phénix, attribut de l’Empereur, preuve d’une volonté inflexible et d’une expérience réelle. Plus tard dans le récit, il grimpera sur le Chariot, tiré par la jument nommée Justice, dominant dès lors ses peurs et ses sentiments pour venir au secours de son ami Desmon. Ensuite, vêtu d’un manteau sombre et levant haut son épée comme un fanal, afin de guider ses compagnons dans la tempête, il symbolisera l’Hermite. Oui, l’arcane s’écrit avec un H. À la fin de l’histoire, pour faire face au dragon Albéric, il se nimbera d’ailes enflammées – transcendé, il sera le Jugement ; autrement dit, le réveil, la guérison, la révélation intérieure…

    Desmon revêt un tablard à celui de son comparse – à ce titre, lui aussi est un peu Bateleur. Toutefois, sa cape rouge et la croix décorant sa rondache se rapportent à l’arcane du Pape. Maître de ses émotions, pourvu d’un certain recul et d’un caractère moins anxieux que Numë, Desmon se comporte donc en ami et en conseiller. Ses mésaventures l’amèneront à se retrouver pendu par les pieds, à l’instar du Pendu. Une situation qui ne l’anéantira pas, puisque même suspendu à l’envers, il défiera son mortel adversaire avec panache ! Une épreuve qui ne l’empêchera pas d’étinceller comme le Soleil, lorsqu’il affrontera Albéric. C’est pour ça qu’il est torse nu et qu’il porte un pendentif de corail – d’après ce que j’ai lu, cette symbolique est liée à ladite lame.

    Tout au long d’Yggdrasil, la compagnie sera hantée par une liche. Après l’avoir terrassée, Numë récupèrera son casque : un nom effacé, accompagné du nombre XIII. Il s’agit bien évidemment de l’Arcane sans nom, la treizième lame du tarot, parfois appelé « La Mort ». Quoi qu’il en soit, le fait est que Numëdrym se confronte au spectre de la Mort, pour s’en trouver grandi.

    Notons au passage que Mìrhod, le Dieu du Temps et du Destin, est représenté comme une roue – eh oui, la Roue de Fortune. Car le sort peut vous bénir pour vous broyer après, et que les plus illustres civilisations deviennent poussière. La Tour des Malevogues, observatoire miraculeux ouvrant la porte à la compagnie vers le dernier acte – Damnation ou Salut ? – est assimilable à la Maison-Dieu.

    Enfin, Albéric, parangon de réussite, trône haut et fier au cœur d’une mandorle – il a été maître du monde, voici qu’il est le Monde. Pour pousser le bouchon, par son avidité, sa duplicité, et ses ambitions envers les royaumes et les choses terrestres, on pourra éventuellement l’associer au Diable.

    Non, pas ce Monde-là…

  • Couleurs embrasééées

    Couleurs embrasééées

    Salut à tous !

    Un bref article pour dire que je suis toujours vivant. Si j’ai été absent ces dernières semaines, c’est qu’il y a une bonne raison ! Pis j’ai maintenu un rythme régulier jusqu’au 7 mars, c’est pas si mal, hein.

    Un montage et des jeux de mots nuls pour un jeu exceptionnel
    Les vrais comprendront – c’est-à-dire, ceux qui ont su garder un humour d’Internet de 2010 avec des jeux de mots nuls et une notion de l’absurde.

    À part ça, je ne suis pas resté inactif ; j’ai des conventions de prévues, cette année, et j’en reparlerai dans les semaines à venir. Vous pourrez en profiter pour vous faire dédicacer Les Mets Immortels… ou Albéric ou le dragon au sommet, si ce n’est déjà fait !

    Post-scriptum :

    Alors, c’est qui le patron, hein ? C’EST QUI LE PATRON ?

    Oui, j’ai battu tous les super-boss. Oui, même Duolliste et Osquio. Oui, même ████ déchaînée. Oui, même l’Étoile divergente. Bref. Je vous dis à la prochaine !

    AdS


  • Des clichés en fantasy ?

    Des clichés en fantasy ?

    On entend trop souvent les gens résumer (ou associer) le genre de la fantasy à des clichés. Ceux qui tiennent de tels propos ne comptent pas parmi les plus sages. En fait, prétendre que la fantasy est plus « cliché » qu’un autre genre est au mieux de l’ignorance, au pire de l’hypocrisie.

    Comment ça, ça vous suffit pas ? Bon…

    De l’hypocrisie, parce que je ne vois pas en quoi la fantasy serait plus codifiée que le policier, le slasher, l’espionnage ou la romance. Au contraire, si je devais véritablement émettre l’hypothèse (fautive ?) que « tout a déjà été fait » dans certains types de fictions, je penserais aux catégories précitées plutôt qu’à celles de l’imaginaire.

    De l’ignorance, parce que si vous ne considérez que les fan-fictions Wattapad ou la dernière soupe d’isekai à la mode, il y a de fortes chances pour que vous tombiez sur des histoires peu inspirées. Mais honnêtement, rien que dans la littérature, Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett, Terre Mourante de Jack Vance, ou La Dernière Licorne de Peter S. Beagle, Conan de Howard, La Horde du Contrevent de Damasio, vous n’aurez jamais la sensation de lire la même chose ! Alors certes, oui, Pratchett détournait des codes peut-être trop répandus du genre, mais en fait, il touchait à tout : le Guet d’Ankh-Morpork pastichait le film noir, par exemple. Et l’Assassin Royal offre encore un ressenti différent, parce qu’il est particulièrement chiant.

    Côté cinoche, Le Seigneur des Anneaux et Conan le Barbare (oui, encore ceux-là) auront un parfum différent ; Excalibur n’est tout à fait comparable ni à l’un, ni à l’autre, tout comme Princess Bride et Starlight sont dans un autre registre. Je n’ai même pas besoin de citer Game of Thrones, vous connaissez déjà – cela dit, l’énorme succès de la série a peut-être (re)lancé la mode de la dark fantasy sulfureuse. Mais comme je vis au fond d’une grotte, je ne saurai l’affirmer avec aplomb.

    Parlant de ça, y’a de la crasse, des rapts et des viols dans des histoires de dark fantasy comme Berserk, Gagner la guerre, ou Horde, mais là, cette violence est inhérente à un contexte souvent guerrier ; tout comme vous n’irez pas voir un film de Tarantino en espérant des Bisounours. Ou alors tu aurais un Bisounours noir incarné par Samuel L. Jackson, mais je digresse. Tenez ! En dark fantasy, l’excellent Albéric, ou le dragon au sommet écrit par l’illustre De Sealand *kof kof* conserve un ton crépusculaire sans perdre une certaine chatoyance ni verser dans les extrêmes mentionnés ci-avant, donc je vous recommande vivement d’y jeter un coup d’oeil !

    L’usage d’archétypes, de ficelles, ou de lieux communs n’empêche pas un résultat grandiose : les OAV des Chroniques de la Guerre de Lodoss (les 13 épisodes de 1991, hein ! J’insiste là-dessus) restent à ce jour un petit bijou, quand bien même ils baignent totalement dans le classicisme de Donjon & Dragon.

    Rien que pour vos yeux.

    D’aucuns citeront les jeux vidéo, tels que les Dragon Quest – alors oui, on peut parfois déplorer que le scénario tienne sur un timbre-poste, mais qu’importe ! Le scénario sert ici le gameplay, prétexte à une longue aventure pleine d’exploration. Et ce qui fait l’universalité de l’excellentissime saga Zelda (Zelda, c’est la vie), n’est-ce pas son aspect essentiel ? Toutefois, ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi non plus. Le scénario de Fire Emblem Fates est naze, mais le jeu est sauvé par son gameplay et par Camilla.

    C’est bon, vous suivez toujours ?

    Comprenez-moi bien : je veux bien croire qu’il y ait des tas d’écrivains peu inspirés dans la littérature merveilleuse – moi-même, j’essaye à mon niveau de surprendre, de ne pas tomber dans ce qui de mon point de vue serait des clichés – mais le manque d’inventivité n’est pas tant imputable au genre qu’à l’auteur. À lire certains messages sur les forums Internet, ton roman de fantasy est « pas original » si ton personnage a une épée et s’il y a un antagoniste. À ce compte-là, ton polar il est cliché parce que le flic a un flingue et qu’il pourchasse un meurtrier. Soyons sérieux.

    Petite note : sur le Web anglophone, il existait, une dizaine d’années auparavant, toute une galerie d’articles nommés « Limyaael’s rants », qui traitaient de clichés effectifs & autres maladresses que commettaient les jeunes auteurs de fantasy, mais hélas lesdits articles ont disparu dans les limbes.

    Bref ! Si vous êtes un lecteur et que vous avez encore des idées reçues sur les possibilités ou l’originalité de la fantasy, lisez mes livres. Vous changerez d’avis, promis. Si vous êtes un auteur, cherchez avant tout à écrire selon vos propres attentes, et pas selon ce qu’untel sur Internet aura qualifié de cliché. Bon, par contre, vous pouvez faire mieux qu’un isekai ou qu’un garçon « ordinaire » qui découvre soudainement un pouvoir, hein. Malgré tout, j’aime beaucoup KonoSuba. Et si – admettons – vraiment vous tenez à faire du convenu avec une histoire d’élu de la prophétie, tâchez de le servir à votre propre sauce. Le fantastique jeu vidéo Tales of Symphonia, le film Matrix ou la trilogie du Guet de Pratchett arrivent à raconter des choses intéressantes, avec ce concept pourtant sur-utilisé.

    Petite autopromotion pour les Mets Immortels : nombre d’animés, et même la série Batman de 1992, contiennent un épisode où le héros se retrouvera prisonnier du rêve d’un monde idéal, où les êtres chers ne sont jamais décédés. Cette formule peut, je suppose, alors être considérée comme cliché. Pourtant, je n’ai pas résisté à l’envie de la cuisiner à ma façon dans la nouvelle Onéiromante.

    Z’avez vu, j’ai pondu un billet sur les clichés sans aborder la question du « monomythe » de Campbell. En même temps, je n’ai jamais lu son bouquin.

    Skeletor vous parle de clichés


  • De la typographie

    De la typographie

    Bien le bonjour !

    Cet article intéressera sûrement les auteurs aspirant à l’autoédition. En effet, après avoir abordé la problématique des césures, je vais un peu parler de la typographie. J’espère que ce billet vous sera utile, parce qu’à l’époque où j’avais cherché des informations sur le sujet, je n’avais pas trouvé de réponse.

    J’éluderai la question des marges et de la taille des pages – pour la simple et bonne raison que les prestataires (Amazon et Lulu, par exemple) ne les gèrent pas de la même manière, et qu’ils proposent en général divers formats à télécharger selon votre préférence. Ceci dit, pensez à vous assurer d’avoir une double-page vierge en début de votre document : c’est l’usage, ce me semble, et c’est là-dessus que vous ferez vos dédicaces ! Assurez-vous également que la page de titre se trouve sur une page impaire ; elle sera donc sur une paire une fois le livre imprimé.

    Bref ! Les éditeurs demandent en général une police Times New Roman, Taille 12, interligne 1.5. La police Times New Roman est en effet recommandée (c’est celle que j’utilise), mais la taille est l’interligne indiqués sont destinés à leurs révisions, et ne seront pas employés dans l’ouvrage imprimé. Voyons plutôt : (ah et désolé pour la qualité de la photo et de l’éclairage, hein, on fait avec les moyens du bord…)

     

    Voici à quoi ressemble un livre avec une taille 12 et un interligne de 1.5. Ne faites pas attention aux marges, j’ai rencontré des soucis techniques. Vous comprendrez aisément pourquoi je n’ai pas gardé ce format. Si c’est celui dont vous disposez, il est collector, car tiré à très peu d’exemplaires !

    Albéric ou le dragon au sommet - la faim de la Wyverne. Police taille 12 - Interligne 1.5

     

    Ici, nous sommes sur une taille 11 et un interligne de 1. Utilisé dans les versions Amazon d’Albéric, ou le dragon au sommet.

    Albéric ou le dragon au sommet - les deux faces de la Wyverne. Police taille 11 - Interligne 1

     

    Enfin, voici avec une taille 11 et un interligne de 1.15 – un peu plus aéré. C’est ce que j’utilise pour Les Mets Immortels, ainsi que pour la version Lulu d’Albéric, ou le dragon au sommet.

    Les Mets Immortels. Police taille 11 - Interligne 1.15

     

    Tant que vous êtes là, deux-trois trucs en plus :

    – Pensez à supprimer les espaces avant et après le paragraphe.

    – Pour les dialogues, utilisez le cadratin ( — ), pas le tiret. Vous pouvez les invoquer sous MS Word avec Ctrl + Alt +

    – Pour les alinéas, mettez un Retrait première ligne de 0,5 cm.

    Au sujet des alinéas, une de mes lectrices (Aurélie, que je salue), m’a demandé à quelle fréquence les employer. Certes, en tant qu’écrivains, le nez dans nos fichiers .docx, on aura tendance à vouloir les placer souvent pour faire respirer la page. Herbert, l’auteur de Dune, en utilise régulièrement. Mais pour peu qu’on lise, mettons, Monsieur Victor Hugo ou Monsieur Umberto Eco, on se rend compte que tous ne s’embarrassent pas forcément d’alinéas !

    Mon conseil sera donc assez bateau : c’est au feeling. Personnellement, je m’en sers par exemple quand on change de sujet, de point de vue, ou quand j’estime qu’il faille vraiment aérer le texte !

    C’est tout pour aujourd’hui. Vous noterez au passage que ma résolution de faire des articles plus réguliers aura tenu deux mois.

    À bientôt !

    AdS

     


  • « À quoi bon écrire ? Tout a déjà été fait ! »

    « À quoi bon écrire ? Tout a déjà été fait ! »

    Ahhh, grande problématique que celle-ci ! Dans ses heures de doutes et de dépit, l’auteur de fantasy peut se dire « À quoi bon écrire ? De nos jours, tout a déjà été fait ! ». Vous pensez que la question est contemporaine ? Détrompez-vous ! Elle hantait vraisemblablement les artistes du siècle passé. Mais plutôt que d’y répondre moi-même, je vais plutôt citer quelqu’un de plus malin que moi – et aux petits marrants qui diraient « Ça c’est pas difficile », je répliquerai « Ouah l’aut’ eh, même pas vrai d’abord ! ».

    Bref ! Trêve de déconnades, car l’homme dont je vous parle n’est rien de moins que J.R.R Tolkien, qui a formulé son point de vue dans son essai sur les contes de fée, probablement entre 1939 et 1947, soit entre la rédaction du Hobbit et du Seigneur des Anneaux.

     

    Art. L122-5 – Droit à la citation. Du conte de fées, par J.R.R Tolkien, traduit de l’anglais par Christine Lafferière. Christian Bourgeois éditeur, 2022.

    L’étudiant peut facilement éprouver que, en dépit de tout son travail, il ne récolte que quelques feuilles (pour beaucoup déchiquetées ou en décomposition) de l’innombrable feuillage de l’Arbre des Contes, dont est jonchée la Forêt des Jours. Il semble inutile d’ajouter à ce tapis de feuille. Qui peut en concevoir une nouvelle ? Il y a bien longtemps que l’homme en a découvert tous les modèles, du bourgeon jusqu’à la fleur, et toutes les couleurs, du printemps jusqu’à l’automne. Mais ce n’est pas vrai. La graine de l’arbre peut être replantée dans presque n’importe quel sol […]. Bien entendu, le printemps n’est pas réellement moins beau parce que nous avons vu ou entendu parler d’autres évènements similaires – similaires, jamais d’un évènement identique, depuis le commencement jusqu’à a fin du monde. Chaque feuille de chêne, de frêne, ou d’aubépine est une incarnation unique du modèle, et, pour certaines, elles peuvent même être, cette année, l’incarnation unique, la première jamais vue et reconnue, bien que les chênes donnent des feuilles depuis des générations et des générations d’hommes.

    Nous ne désespérons (ou ne devons pas désespérer) de dessiner parce que tous les traits doivent être soit courbes, soit droits, ni de peindre parce qu’il n’existe que trois couleurs « primaires ».


  • Courrier des lecteurs #3 – Conseils d’écriture ?

    Courrier des lecteurs #3 – Conseils d’écriture ?

    Plop ! Commençons sans tarder notre troisième session de réponses à vos questions. Je rappelle que vous pouvez me contacter sur n’importe quel réseau social, ou même sur ma boîte email si vous le souhaitez ! Et je rappelle également qu’il y a du nouveau dans mes livres. Du reste, vous pouvez retrouver les précédentes sessions ici et .

    “As-tu fait une école particulière, ou suivi des cours, pour l’écriture ?”

    Une licence poétique et un MASTER of obvious.

    Non, et honnêtement je pense que c’est une grosse arnaque. Je ne voudrais pas me comparer à des légendes, mais est-ce que vous imaginez Tolkien ou Dumas prendre des cours pour faire un roman, vous ? Un peu plus proche de nous, il y a Alain Damasio ou Jean-Philippe Jaworski, par exemple – et sans connaître les auteurs, je mettrais ma main à couper au feu (si, si !) qu’ils n’ont pas suivi de cours spéciaux non plus. Du point de vue d’un profane, assister à ce genre de classe risque juste de vous enfermer dans un carcan ; alors cela présente peut-être un intérêt pour les scénaristes, j’admets ne pas le savoir, mais gagez bien qu’écrire un roman et qu’écrire pour le cinéma sont deux choses différentes.

    “As-tu des conseils, pour l’écriture ?”

    Ah, voilà une vaste (et vague) question ! Certes, j’ai l’impression que maints romanciers en devenir demandent souvent des conseils, parfois même avant de débuter. Si vous cherchez à briller sur les réseaux sociaux et à faire un livre « qui se vend », vous avez frappé à la mauvaise porte. Je ne pourrais pas non plus vous enseigner comment écrire au même rythme que Stephen King ; je ne vais pas me mettre à vous recommander la cocaïne, tout de même !

    Que les choses soient claires : l’écriture demande du temps, et si vous partez du postulat que c’est une tâche à optimiser en mode speedrun ou travail de bureau, que vous sollicitez des techniques de professionnels pour minimiser les écueils et arriver le plus vite possible à la case publication, vous allez me faire le plaisir de foutre le camp devoir remettre les choses en perspective. « There is no easy way out », comme disait Sa Majesté Rocky le Quatrième. Vous, vous n’êtes pas Rocky : vous n’aurez pas droit au montage musical.

    Revenons à nos moutons. Si vous désirez écrire, c’est probablement que vous avez déjà au moins une petite idée en tête, ne serait-ce qu’un cadre voire un personnage. Commencez par là, pour essayer, même sans filet, et vous verrez bien ou ça vous mènera ! Comme dit le proverbe, « c’est en sciant que Léonard de Vinci ». Lorsque j’ai débuté la rédaction d’Albéric, au début des années 2010, je suis parti avec la simple volonté de faire vivre des aventures à son protagoniste crapuleux. Cosmos Stultus et le royaume de Solestis, en ce temps-là, étaient encore à l’état de prototypes, et se sont développés au fil de l’écriture et des réécritures.

    En outre, vous pouvez noter toutes vos petites idées sur une feuille volante ou un document Word, par exemple, puis tenter de les classer et de les arranger pour dessiner une première trame – où vous pourrez faire progresser vos personnages. D’aucuns suggèrent de faire de fiches de personnages ; personnellement, je n’en ai jamais eu besoin. Pour une frise chronologique, un fichier Excel avec des cases colorées peut suffire. Une petite astuce, au passage : soyez attentifs à la musicalité du texte.

    Aparté : le terme très à la mode ces dernières années est « world building ». C’est tout un sujet, que je n’aborderai pas aujourd’hui. Toutefois, sans nier qu’il s’agisse d’un élément important en fantasy, je vais pasticher une citation de Henri-Georges Clouzot et dire : « Pour faire un livre, premièrement une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire, troisièmement une bonne histoire ». Avoir un socle stable, c’est une très bonne chose, mais personne ne vous dira « ce que j’ai préféré, quand j’ai visité la Statue de la Liberté, c’est son socle ! »

    Retenez aussi que je ne me présente pas comme une figure d’autorité en la matière, que les écrivains ne sont que des humains avant tout, et qu’étant tous différents ils ont chacun leur manière de procéder ; pas de recette universelle, donc. Mais je vais m’arrêter là, avant de me non-déboîter l’épaule à force d’enfoncer des portes ouvertes.

    Ah, si, une dernière chose, très importante : « si tu veux déplacer une montagne, commence aujourd’hui. »

    N’oubliez jamais la première qualité d’un artiste : LA DÉTERMINATION. Viennent ensuite la sincérité et la rigueur.

    Post-scriptum : oubliez tous vos fantasmes et vos illusions sur les éditeurs, les libraires ou les médiathèques. Vous risqueriez d’être déçu.

    “Suis-je fait pour écrire ?”

    Celle-ci, je la tire de mon futal. Non, mais attendez, partez pas, c’était une image. En vérité, je voulais faire une sorte de post-scriptum à la précédente question. Et cette fois, c’est à mon tour, de vous questionner – eh ouais, interro surprise ! On fait plus les marioles, hein ?

    Alors :

    • Est-ce que vous pensez que succès et talent (ou qualité d’écriture) sont liés ?
    • À plus forte raison, est-ce que vous pensez que le talent et l’accession à l’édition sont corrélés ?
    • Êtes-vous impressionné par le nombre de suiveurs d’un auteur X ou Y sur les réseaux ?
    • Si vous n’avez pas de bêta-lecteur, vous découragerez-vous ?
    • Si vos proches ne croient pas en vous ou ne comprennent pas votre projet, vous découragerez-vous ?
    • Si vous n’avez aucune interaction sur les réseaux, ou aucun avis sur les sites spécialisés, vous découragerez-vous ?
    • Si lors d’un salon, vous ne faites aucune vente, vous découragerez-vous ?
    • Avez-vous peur du ridicule ?

    Si vous avez répondu « oui » à la moindre de ces questions, vous redoublez, désolé. Bon, d’accord, le titre que j’ai donné à cette section était un peu stupide, mais je voulais simplement insister sur le fait qu’il ne faut pas se laisser impressionner par les palmarès, et persister dans son art contre vents et marais. Vous savez, personne ne croira en vos rêves à votre place. Et si vous n’y croyez pas vous-mêmes, faites semblant d’y croire jusqu’au jour où vous finirez par y croire vraiment.

    En revanche, si vous utilisez l’écriture inclusive, que le mot « banger » (beurk) fait partie de votre vocabulaire, ou que vous employez au premier degré des termes comme « red flag » ou « trigger warning », il serait peut-être préférable que vous vous tourniez vers une activité moins cérébrale.

    “Comment enrichir mon vocabulaire ?”

    Pour être le plus concis possible, je dirais que le mieux c’est l’éclectisme, tout en gardant ses yeux et ses oreilles ouverts. Intéressez-vous à des livres, films, animés ou jeux vidéo d’époques, de style et de tons variés, et vous découvrirez sans doute des mots, tournures ou expressions colorées qui vous serviront. Par-dessus tout, n’hésitez pas à utiliser les dictionnaires de synonymes : ici et .

    Enfin, je peux vous recommander la lecture d’une ou deux nouvelles de San Antonio, ainsi que du Capitaine Fracasse de Théophile Gautier. Avec ces deux extrêmes, vous aurez une bonne idée de toute la richesse que peut offrir la langue française !

    “Des conseils, pour nommer ses personnages ?”

    Ah ouais, ça, aussi, ça peut vite devenir pénible – trouver un nom, quoi. Nous avons par exemple la technique ancestrale du : « je traduis un terme correspondant à un trait de caractère du personnage dans Google Trad vers une langue exotique, et je vois ce que ça donne ». Et encore, il n’est même pas obligatoire que le mot colle au personnage en question ! J’appelle ça « la technique de Toriyama » : la grande majorité de ses personnages ayant des noms de bouffe ou de sous-vêtements.

    Ensuite, il y a les noms légendaires ou mythologiques, plus ou moins célèbres, qui peuvent bien passer… Tolkien a par exemple repris les noms des Nains de l’Edda pour nommer les siens.

    Attendez, vous savez quoi ? Plutôt que de faire une simple énumération, je vais citer des exemples maison. Au pire, si ça ne vous plaît pas, vous saurez qu’il faut pas le faire chez vous :

    Albéric : Alberich est le fameux Nibelung malveillant de la Chanson des Nibelungen.

    Mavregarm : « Mavros » pour « noir » en grec. « Garm » est un loup de la mythologie nordique.

    Clyméris : La combinaison de Clytemnestre et d’Éris. Prompte à semer la discorde.

    Hilmerion : La combinaison de « Hilasmus » et de « Therion » – si ma mémoire ne me fait pas défaut. À l’époque où j’avais fait des recherches, j’avais lu que c’étaient deux étoiles de la constellation du loup, mais comme je n’ai jamais retrouvé ces informations, elles étaient sans doute erronées. Quoi qu’il en soit, le résultat me convient. Chercher un nom dans les étoiles peut être une solution.

    Bellamy : Bel ami. Un nom qui sied au côté séducteur du duc.

    Aguarès : Le nom d’un démon. Afin de mettre en exergue l’aspect peu sympathique de sa lignée.

    Velladonne : Dérivé de belladone, une plante empoisonnée. Méfiez-vous de la jolie maman d’Albéric.

    Stryknin : Pour « strychnine ». Un Solren a l’aspect démoniaque. D’une manière plus générale, je me suis plusieurs fois inspiré de plantes ou de poisons pour nommer mes personnages.

    Vénéfice : On peut aussi employer un peu ancien ou inusité. Vénéfice étant le contraire de « bénéfice » (donc, on est plus au moins dans la malédiction), ça colle plutôt bien au vieux médecin un peu glauque de la famille des Mörker. Exemple plus parlant, il y a Malemort. Et dans Les Mets Immortels, vous rencontrerez Lendore et Mâche-laurier !

    Théodomir : Nom d’un ancien chef Franc. Je l’ai utilisé pour le roi de Solestis.

    Palone : Päron veut dire « poire » en suédois. Non pas que Palone soit une poire – mais à l’époque où je lui cherchais un nom, j’ai dû trouver ça amusant et mignon.

    Paryna : Sœur de Palone. Päärynä veut dire « poire » en finnois.

    Caeleyos : Un monarque, certes assez secondaire. Dans mon univers, « Caeleil » est le nom du soleil. Il est donc envisageable de donner à vos personnages des noms en rapport direct avec votre diégèse. C’est tout de même plus joli de dire diégèse que lore, non ?

    Célal, Céladès et Célazar : Personnages tertiaires, cousins d’Albéric. Fils de Céladon, et petits-enfants de Célazar l’Ancien. Le point que j’aimerai mettre en lumière ici est l’astuce d’appuyer leur filiation par une syllabe commune. Voilà voilà.

    Ah, vous pouvez aussi faire reposer certains noms sur des jeux de mots. Pour le Seigneur-Liche Zagûl de Zhurç, ça coule de source.

    Pour conclure, je vais maintenant vous fournir une ressource absolument indispensable pour trouver des noms : hop !

    Voilà qui termine la session du jour. Je vous quitte avec cette petite vidéo rigolote.

    À la prochaine fois,

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  • Un an sur les z’Internets !

    Un an sur les z’Internets !

    Bien le bonjour (ou le bonsoir, allez savoir) !

    Il y a un an jour pour jour, je publiai le premier article du fabuleux site de l’inénarrable et célébrissime Antoine de Sealand – et je suis toujours aussi modeste qu’antan. Adonc, cette article a pour but de fêter l’anniversaire du site ; certes, techniquement, il est un peu plus ancien que ça. Il a fallut le mettre en place et tout ça, mais on va garder le 6 février en mémoire pour la date d’ouverture au public. Bon anniversaire, antoinedeseland.fr !

    Ah, et n’oubliez pas que j’ai récemment publié une annonce moultement plus importante…

    N’hésitez pas à repasser (non, pas votre chemise). Je devrais bientôt publier une troisième session de questions de lecteurs, et aborder le sujet des conseils attendus par les écrivains en herbe, qu’ils en fument ou pas.

    En attendant, une petite photo de groupe pour égayer cet article :

    Albéric, ou le dragon au sommet + Les Mets Immortels

    La bise,

    AdS


  • Les Mets Immortels

    Les Mets Immortels

    Lectrices, lecteurs, (c’est là qu’on reconnaît la galanterie, je m’adresse aux dames en premier. Quel type, ce De Sealand !)

    Je me fends d’une introduction pompeuse digne d’une intronisation présidentielle pour vous faire part d’une annonce très importante. En effet, j’ai l’immense plaisir de vous annoncer que le recueil de nouvelles, sur lequel j’ai passé environ trois ans, est désormais disponible !

    Il s’agit d’un livre de 321 pages, regroupant en tout neuf nouvelles toutes neuves, aux longueurs variées – allant de 10 à 110 pages. Je précise cela parce que je sais que certains lecteurs n’ont pas le temps de lire Albéric – eh bien ceux-ci pourront se jeter sur Le Graal de Pandore, ou La Vie touchante. Est-ce toujours de la fantasy ? Bien évidemment ! Y’a-t-il toujours des créatures mythologiques et des dragons ? Assurément ! Est-ce toujours lyrique ? Mélancolique ? Drôle ? Oui-da ! Est-ce que ça se passe dans le même univers qu’Albéric ? La réponse à cette question est… dans l’avant-propos du livre dont je vais vous parler. Mais gagez que vous retrouverez quelques têtes connues, clin d’œil clin d’œil. Bref ! Laissez-moi vous présenter plus proprement Les Mets immortels !

    Genres : fantasy, épopée, fables mystiques, road trip & « buddy movie » à la sauce mythologique.

    La fantasy, le voyage, le non-temps, l’amour de l’art créatif et la contemplation de l’abîme : voilà le mortier qui lie ces nouvelles entre elles, où la résilience le dispute à la nostalgie. Une succession de tableaux, d’autres mondes, chacun empreint d’une ambiance et d’un parfum uniques ; des décors propices aux aventures éternelles et aux nouvelles mythologies.

    Des fruits qui confèrent la jeunesse éternelle. Un ange à la recherche d’une place pour le monde qu’il a bâti. Un duel aux tréfonds d’un sanctuaire oublié. Une dryade alanguie en quête de son arbre natal. Un vagabond des étoiles, prisonnier de la magie des songes. Une liche découragée sachant chasser le soleil. Le Graal empoisonné qui tente tout artiste. Des humains sans lendemain, destinés à mourir dans l’année. Les dernières paroles d’un démon.

    Oyez les récits de Mâche-laurier le barde, et goûtez aux Mets Immortels, à travers les fables oniriques contées dans ce recueil !

    🔗 Lire un extrait

    Commandez Les Mets immortels :

    En broché sur Amazon

    En eBook sur Amazon

    En eBook sur Lulu

    Naturellement, n’hésitez pas à en parler autour de vous, à partager sur les réseaux sociaux, et à laisser vos avis sur les sites dédiés.

    Fiche BabelioFiche BooknodeFiche GoodreadsFiche Livr’Addict

    J’attends vos retours avec impatience,

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    Post-scriptum : L’illustrateur est zooky_al_exe. Parce que le dinosaure que je suis préfère confier cette partie à un humain qu’à une machine.


  • Microsoft Word – Césure que c’est pénible

    Microsoft Word – Césure que c’est pénible

    Ci-dessus, une illustration de l’illustre Jules Césure.

    Nous sommes d’accord, il est extrêmement consternant de voir Internet, et nos gazettes locales, envahis par des images générées par l’intelligence artificielle – de même que Thot, Dieu des Scribes et gardien de l’Autre Monde, doit sûrement virer à grands coups de pied aux fesses ceux qui utilisent chatGPT pour écrire à leur place. En outre, les gens qui demandent à un robot qui a tendance à halluciner « dois-je mettre de l’arsenic dans mon Nesquick ? » ne comptent pas parmi les plus sages.

    Toutefois, dès lors qu’on parle d’informatique, l’IA peut s’avérer être un outil redoutable. Il est tout à fait légitime de lui demander : « fais-moi un carrousel en JavaScript pour mon WordPress » (oh, ça va hein, je code déjà assez au bureau, merci), et « comment faire fonctionner ce putain de logiciel à la con ? » (ne soyez pas choqués, ce ne sont que des mots de la langue française, et vos gosses entendent pire dans la cour de récré). Bref ! Là où je voulais en venir, c’est que l’ami Microsoft Word n’est vraiment pas doué, pour la césure automatique – césure qui est pourtant recommandée pour la bonne mise en forme d’un roman publié. Le vilain bougre aura tendance à couper des noms propres, ce qui est tout à fait contre l’usage. Je vous partage donc une solution imparable ou presque pour optimiser vos césures, suggérée par mon esclave fait de circuits imprimés, et agrémentée à ma sauce.

    Le tutoriel pour optimiser la césure :

    1 – Activer la césure automatique dans le document Word. En outre, je recommande d’ajuster les paramètres pour fixer le nombre maximum de césures consécutives à 3.

    2 – Enregistrer votre fichier en .docm

    3 – Exécuter ALT+F11

    4 – Sélectionner « ThisDocument » dans la fenêtre

    5 – Dans la zone de texte, coller :

    Sub RemoveHyphenationForCapitalizedWords()
        Dim rng As Range
    
        Set rng = ActiveDocument.Content
    
        With rng.Find
            .ClearFormatting
            .Text = "<[A-ZÀ-Ÿ][A-Za-zÀ-ÿ]*>"
            .MatchWildcards = True
            .Forward = True
            .Wrap = wdFindStop
        End With
    
        Do While rng.Find.Execute
            rng.NoProofing = True   ' Empêche la césure sur ce mot
            rng.Collapse wdCollapseEnd
        Loop
    
        MsgBox "Césure désactivée pour les mots commençant par une majuscule."
    End Sub
    

    6 – Enregistrer en cliquant sur la disquette

    7 – Fermer la fenêtre Microsoft VBA.

    8 – Dans votre document Word, exécuter la requête avec ALT+F8.

    Pour rétablir la césure sur un mot précis :

    1 – Sélectionner le mot concerné

    2 – En bas, cliquer sur « Français (France) » (à côté de la petite icone de livre)

    3 – Décocher « Ne pas vérifier l’orthographe ou la grammaire » 

     

    Je n’avais jamais travaillé avec les Macros auparavant. Faut dire, je suis auteur, pas proxénète.
    AdS


  • Courrier des lecteurs #2

    Courrier des lecteurs #2

    Et voilà, deuxième salve de réponses aux lecteurs ! Je rappelle que vous pouvez me contacter sur n’importe quel réseau social, ou même sur ma boîte email si vous le souhaitez !

    “Avez-vous des ouvrages que vous recommanderiez pour établir l’intrigue ? Je m’explique : je dispose de nombreuses idées d’événements, que je souhaiterais mettre en ordre. En gros, il s’agit maintenant d’établir l’intrigue. Si je cherche sur Internet « how to plot/outline your novel », je trouve de nombreuses références sur l’écriture en anglais, mais je trouve moins de recommandations en français. Je cherche un ouvrage de référence sur ce sujet, complet, sur la rédaction d’une histoire. Idéalement, quelque chose qui me guiderait dans l’établissement de l’intrigue, sous forme de tableau à compléter peut-être ? Auriez-vous par hasard des recommandations à me suggérer ?”

    Personnellement, je n’ai pas eu recours à des guides ou quoi que ce soit. Je peux te suggérer de commencer l’écriture, voir comment les idées te viennent, et tu finiras peut-être par avoir une meilleure idée de comment ordonner les idées restantes !

    “Y’a-t-il un tome 3 de prévu ?”

    Nenni ! Les deux tomes forment une saga complète, et aucune suite n’est envisagée !

    “Comment as-tu créé ton univers, d’où sont venues tes idées ? Quelles sont tes inspirations ?”

    Vaste question ! Cela mériterait un article à part entière, je pense. Encore qu’il ne saurait être exhaustif : pour une œuvre d’envergure (je parle surtout de densité et de volume ici, et point nécessairement de qualité) il est toujours délicat de recenser la totalité de ses sources d’inspirations, tant elles ont pu varier (ou simplement, être inconscientes) sur la décennie que m’aura pris l’écriture.

    “Est-ce que tu as testé plusieurs sites / plateformes pour partager et diffuser tes écrits ? Qu’est-ce qui fonctionne et qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Des bonnes expériences ou des mauvaises avec des plateformes d’écriture ?”

    Je vais être honnête : les réseaux sociaux, c’est vraiment pas mon truc. Bon, ça, vous le savez, depuis le temps. Je ne suis pas commercial dans l’âme, ou simplement pas de la bonne génération. Je ne saurais donc évaluer l’impact réel de chaque plateforme sur la diffusion de mon roman – l’essentiel de mes ventes a lieu dans les conventions à thématiques geek, lors de mes dédicaces.

    En cas de vente en ligne, ça se produit quasi-systématiquement via Amazon : je suppose que les gens en général préfèrent se fier à un site qu’ils connaissent qu’à Lulu. D’ailleurs, si Lulu offre une impression de meilleure qualité, je ne la recommande pas forcément aux auteurs eux-mêmes : ils n’offrent pas, ou très peu, de réduction sur les exemplaires destinés aux auteurs, donc ce n’est pas une solution rentable pour vous constituer un stock.

    Dans un autre registre, je déconseille très fortement les serveurs Discord dédiés à l’écriture : ils m’ont laissé l’impression que les écrivains en herbe avaient l’esprit étriqué ou formaté. Enfin, dès lors qu’on emploie des termes comme « trigger warning » (sic) ou l’écriture inclusive, il y a de quoi brandir un crucifix se méfier. En d’autres termes – permettez que je mette mes lunettes de soleil, que je grimpe sur mon skateboard et que je me visse une casquette à l’envers sur mon crâne – c’est un « red flag ». Par les Dieux, je me sens sale.

    “Anecdotes avec les fans ?”

    Loin de moi la prétention d’avoir des fans – j’ai des lecteurs, tout simplement. Niveau anecdotes en dédicaces, je n’ai rien de démentiel, mais simplement du cocasse la plupart du temps (cette fois, je ne mentionnerai pas les gens simplement malpolis) :

    • Le mec qui arrive un quart d’heure avant la fermeture, et qui dit « je repasserai plus tard ».
    • La passante qui, après avoir écouté la présentation de mon roman, me dit « je vais me renseigner ». Te renseigner où, gourdasse ? Je suis là, devant toi, c’est moi l’auteur.
    • Le mec cosplayé en Guts de Berserk qui me dit qu’il n’aime pas la dark fantasy.
    • La nana cosplayée en Zelda qui me dit qu’elle n’aime pas la fantasy.
    • La damoiselle qui m’a demandé si Albéric était inspiré d’Overlord. Et Philippe Etchebest, il s’inspire de MacDo, peut-être ? > :c En revanche, si vous ressemblez à Albedo, sachez que je suis libre samedi soir.
    • Une fois j’ai eu PADG, le comédien de doublage, qui est passé dans les allées et qui m’a serré la main ! 😀
    • Celle-ci s’est passée lors d’une dédicace en librairie. Une dame âgée passe, évoque le fait que les jeunes de nos jours lisent sur leur tablette, maintenant, continuant :

    « Mais je déteste…

    — Oh, je préfère aussi les livres en papier, réponds-je.

    — Je déteste…

    — Après, chacun ses goûts, il y a des avantages. (ou un truc du genre, j’ai oublié.)

    — Ce genre d’histoire (en parlant de mon livre). »

    Alors certes, chacun ses goûts, mais il faut avouer que c’est quelque peu indélicat de dire à un type qui a passé un certain temps à rédiger une histoire : « je déteste ce que vous faites ! ».

    • Ah, une ou deux fois, j’ai dû taper la discute in english avec un Écossais (ou un Britannique, peut-être ?) qui n’a certes pas acheté mes romans mais qui a dit que j’aurai sûrement du succès un jour. C’est déjà ça !
    “Les difficultés du quotidien ?”

    En mettant de côté les doutes ou la page blanche, les difficultés les plus évidentes pour un écrivain, je dirais : la frustration. On aura parfois l’impression de s’échiner et de remuer ciel et terre pour ne récolter que le silence et l’indifférence. Il se pourra que vous ne trouviez aucun bêta-lecteur pendant des mois, voire des années, ou que vous ne vendiez aucun livre pendant une séance de dédicace. Certains de vos proches ne croiront, ou ne comprendront, peut-être pas tout de suite votre projet. Les éditeurs, les médiathèques, les libraires ou les organisateurs de salons vous enverront parfois chier (il n’y a pas de terme plus élégant, désolé). Vous vous emmerderez à animer vos réseaux sociaux pour n’avoir aucun retour. Vous resterez assis sur un banc en convention pendant des heures sans attirer personne, et à contrario, vous aurez beau vendre une centaine d’exemplaires que les gens ne prendront pas la peine de revenir vers vous pour vous dire qu’ils ont aimé votre histoire – bref ! Il y aura des moments comme ça. Mais bon, c’est la vie, faut pas se décourager pour si peu. Continuez d’enflammer votre Cosmos (Stultus) jusqu’à son paroxysme !

    En revanche, pour s’enregistrer en tant qu’artiste-auteur à l’URSSAF, là c’est le parcours du combattant ! Vous ne trouverez aucune aide concrète sur Internet, et ne vous attendez pas non plus au moindre éclaircissement de la part des intéressés. Alors à ceux qui sont prêts à affronter l’entité la plus maléfique qui soit – l’administration française – je ne peux que vous souhaiter bon courage !

    “Les raisons qui amènent à se lancer dans ce métier ?”

    La coke, le fric, et les filles faciles. Plus sérieusement, ainsi que je l’ai déjà dit en interview, j’ai commencé à l’époque par écrire pour des forums RP. Hélas, faute d’activité, mes forums n’ont pas perduré longtemps. Je voulais toutefois continuer de faire vivre mes personnages, en particulier Albéric, et c’est dans cette optique que je me suis lancé dans l’écriture pour moi-même – puis au moins j’avais plus mes co-admins dans les pattes pour contester chacune de mes décisions !

    Quant aux raisons qui amènent à persister dans cette voie, ma foi… je ne saurai dire, je suppose que les raisons diverses et variées se sont succédé, au fil des années. L’espoir fou de percer un jour, la quête de sens, le besoin de remplir ses journées avec quelque chose de concret, le serment fait avec soi-même de prouver à l’univers qu’on peut déplacer une montagne, envers et contre tout… 

    C’est tout pour aujourd’hui ! Je ne sais pas encore sur quoi portera la prochaine session, mais il pourrait être intéressant de revenir sur la genèse du projet, sur mes inspirations, les œuvres qui m’ont marquées, etc. Ou bien simplement sur la carte, qui rencontre un certain succès en convention !

    AdS