Et voilà, deuxième salve de réponses aux lecteurs ! Je rappelle que vous pouvez me contacter sur n’importe quel réseau social, ou même sur ma boîte email si vous le souhaitez !
“Avez-vous des ouvrages que vous recommanderiez pour établir l’intrigue ? Je m’explique : je dispose de nombreuses idées d’événements, que je souhaiterais mettre en ordre. En gros, il s’agit maintenant d’établir l’intrigue. Si je cherche sur Internet « how to plot/outline your novel », je trouve de nombreuses références sur l’écriture en anglais, mais je trouve moins de recommandations en français. Je cherche un ouvrage de référence sur ce sujet, complet, sur la rédaction d’une histoire. Idéalement, quelque chose qui me guiderait dans l’établissement de l’intrigue, sous forme de tableau à compléter peut-être ? Auriez-vous par hasard des recommandations à me suggérer ?”
Personnellement, je n’ai pas eu recours à des guides ou quoi que ce soit. Je peux te suggérer de commencer l’écriture, voir comment les idées te viennent, et tu finiras peut-être par avoir une meilleure idée de comment ordonner les idées restantes !
“Y’a-t-il un tome 3 de prévu ?”
Nenni ! Les deux tomes forment une saga complète, et aucune suite n’est envisagée !
“Comment as-tu créé ton univers, d’où sont venues tes idées ? Quelles sont tes inspirations ?”
Vaste question ! Cela mériterait un article à part entière, je pense. Encore qu’il ne saurait être exhaustif : pour une œuvre d’envergure (je parle surtout de densité et de volume ici, et point nécessairement de qualité) il est toujours délicat de recenser la totalité de ses sources d’inspirations, tant elles ont pu varier (ou simplement, être inconscientes) sur la décennie que m’aura pris l’écriture.
“Est-ce que tu as testé plusieurs sites / plateformes pour partager et diffuser tes écrits ? Qu’est-ce qui fonctionne et qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Des bonnes expériences ou des mauvaises avec des plateformes d’écriture ?”
Je vais être honnête : les réseaux sociaux, c’est vraiment pas mon truc. Bon, ça, vous le savez, depuis le temps. Je ne suis pas commercial dans l’âme, ou simplement pas de la bonne génération. Je ne saurais donc évaluer l’impact réel de chaque plateforme sur la diffusion de mon roman – l’essentiel de mes ventes a lieu dans les conventions à thématiques geek, lors de mes dédicaces.
En cas de vente en ligne, ça se produit quasi-systématiquement via Amazon : je suppose que les gens en général préfèrent se fier à un site qu’ils connaissent qu’à Lulu. D’ailleurs, si Lulu offre une impression de meilleure qualité, je ne la recommande pas forcément aux auteurs eux-mêmes : ils n’offrent pas, ou très peu, de réduction sur les exemplaires destinés aux auteurs, donc ce n’est pas une solution rentable pour vous constituer un stock.
Dans un autre registre, je déconseille très fortement les serveurs Discord dédiés à l’écriture : ils m’ont laissé l’impression que les écrivains en herbe avaient l’esprit étriqué ou formaté. Enfin, dès lors qu’on emploie des termes comme « trigger warning » (sic) ou l’écriture inclusive, il y a de quoi brandir un crucifix se méfier. En d’autres termes – permettez que je mette mes lunettes de soleil, que je grimpe sur mon skateboard et que je me visse une casquette à l’envers sur mon crâne – c’est un « red flag ». Par les Dieux, je me sens sale.
“Anecdotes avec les fans ?”
Loin de moi la prétention d’avoir des fans – j’ai des lecteurs, tout simplement. Niveau anecdotes en dédicaces, je n’ai rien de démentiel, mais simplement du cocasse la plupart du temps (cette fois, je ne mentionnerai pas les gens simplement malpolis) :
- Le mec qui arrive un quart d’heure avant la fermeture, et qui dit « je repasserai plus tard ».
- La passante qui, après avoir écouté la présentation de mon roman, me dit « je vais me renseigner ». Te renseigner où, gourdasse ? Je suis là, devant toi, c’est moi l’auteur.
- Le mec cosplayé en Guts de Berserk qui me dit qu’il n’aime pas la dark fantasy.
- La nana cosplayée en Zelda qui me dit qu’elle n’aime pas la fantasy.
- La damoiselle qui m’a demandé si Albéric était inspiré d’Overlord. Et Philippe Etchebest, il s’inspire de MacDo, peut-être ? > :c En revanche, si vous ressemblez à Albedo, sachez que je suis libre samedi soir.
- Une fois j’ai eu PADG, le comédien de doublage, qui est passé dans les allées et qui m’a serré la main ! 😀
- Celle-ci s’est passée lors d’une dédicace en librairie. Une dame âgée passe, évoque le fait que les jeunes de nos jours lisent sur leur tablette, maintenant, continuant :
« Mais je déteste…
— Oh, je préfère aussi les livres en papier, réponds-je.
— Je déteste…
— Après, chacun ses goûts, il y a des avantages. (ou un truc du genre, j’ai oublié.)
— Ce genre d’histoire (en parlant de mon livre). »
Alors certes, chacun ses goûts, mais il faut avouer que c’est quelque peu indélicat de dire à un type qui a passé un certain temps à rédiger une histoire : « je déteste ce que vous faites ! ».
- Ah, une ou deux fois, j’ai dû taper la discute in english avec un Écossais (ou un Britannique, peut-être ?) qui n’a certes pas acheté mes romans mais qui a dit que j’aurai sûrement du succès un jour. C’est déjà ça !
“Les difficultés du quotidien ?”
En mettant de côté les doutes ou la page blanche, les difficultés les plus évidentes pour un écrivain, je dirais : la frustration. On aura parfois l’impression de s’échiner et de remuer ciel et terre pour ne récolter que le silence et l’indifférence. Il se pourra que vous ne trouviez aucun bêta-lecteur pendant des mois, voire des années, ou que vous ne vendiez aucun livre pendant une séance de dédicace. Certains de vos proches ne croiront, ou ne comprendront, peut-être pas tout de suite votre projet. Les éditeurs, les médiathèques, les libraires ou les organisateurs de salons vous enverront parfois chier (il n’y a pas de terme plus élégant, désolé). Vous vous emmerderez à animer vos réseaux sociaux pour n’avoir aucun retour. Vous resterez assis sur un banc en convention pendant des heures sans attirer personne, et à contrario, vous aurez beau vendre une centaine d’exemplaires que les gens ne prendront pas la peine de revenir vers vous pour vous dire qu’ils ont aimé votre histoire – bref ! Il y aura des moments comme ça. Mais bon, c’est la vie, faut pas se décourager pour si peu. Continuez d’enflammer votre Cosmos (Stultus) jusqu’à son paroxysme !
En revanche, pour s’enregistrer en tant qu’artiste-auteur à l’URSSAF, là c’est le parcours du combattant ! Vous ne trouverez aucune aide concrète sur Internet, et ne vous attendez pas non plus au moindre éclaircissement de la part des intéressés. Alors à ceux qui sont prêts à affronter l’entité la plus maléfique qui soit – l’administration française – je ne peux que vous souhaiter bon courage !
“Les raisons qui amènent à se lancer dans ce métier ?”
La coke, le fric, et les filles faciles. Plus sérieusement, ainsi que je l’ai déjà dit en interview, j’ai commencé à l’époque par écrire pour des forums RP. Hélas, faute d’activité, mes forums n’ont pas perduré longtemps. Je voulais toutefois continuer de faire vivre mes personnages, en particulier Albéric, et c’est dans cette optique que je me suis lancé dans l’écriture pour moi-même – puis au moins j’avais plus mes co-admin dans les pattes pour contester chacune de mes décisions !
Quant aux raisons qui amènent à persister dans cette voie, ma foi… je ne saurai dire, je suppose que les raisons diverses et variées se sont succédé, au fil des années. L’espoir fou de percer un jour, la quête de sens, le besoin de remplir ses journées avec quelque chose de concret, le serment fait avec soi-même de prouver à l’univers qu’on peut déplacer une montagne, envers et contre tout…
C’est tout pour aujourd’hui ! Je ne sais pas encore sur quoi portera la prochaine session, mais il pourrait être intéressant de revenir sur la genèse du projet, sur mes inspirations, les œuvres qui m’ont marquées, etc. Ou bien simplement sur la carte, qui rencontre un certain succès en convention !
AdS

